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Une petite conversation virtuelle sur le groupe IEF de "face" m'a donné envie de vous partager mon témoignage.

La question venait d'une jeune maman qui s'interrogeait sur le type de support que l'on peut utiliser lorsqu'on pratique le unschooling. C'est-à-dire, les apprentissages autonomes.

Et sur l'avenir de ces enfants.

Une de mes amies lui explique que le principe même du unscho c'est justement, la non utilisation de support, tout au moins de façon dirigée ou pire encore, obligatoire. Mais aucuns de ses grands enfants n'ayant le BAC, elle s'interroge sur l'impact de ce unscho sur l'obtention d'un BAC.

Pour faire pendant au témoignage d'une amie, j'ai également rendu mon témoignage.

J'ai fait du unscho total...avec mon aînée qui a été à l'école en primaire, et ce, jusqu'au BAC (elle a fait une terminale a 16 ans qui a capoté) aujourd'hui, elle est à sciences-po.

Le premier débat animé par mon bébé qui a reçu un réalisateur venu présenter son film (à droite, devant, en veste de daim)

A 17 ans et demi, elle s'est rendue compte qu'elle allait devoir bosser pour entrer à l'unif.

BAC et prépa en même temps, l'année de ses presque 18 ans (elle les a eu fin avril). Elle est entrée dans une école privée, équivalent de ce qu'on appelle en France une "boîte à BAC". Un prof, une quinzaine d'élèves, une maison.

Mais elle a travaillé uniquement parce que c'est SON ambition.

Je ne crois pas que le unscho empêche d'avoir son BAC. Mais ça donne certainement l'idée qu'on peut gérer sa vie, ce qui n'est pas une mauvaise chose. Aimer, c'est aussi une ambition.

Moi j'ai repris des études après avoir arrêté pour ma grande.

Par contre, c'est sûr que depuis que l'aînée est petite, nous parlons de son avenir universitaire.

Elle a fait ses premiers pas sur mon campus, en Belgique, puisque j'y habitais, nous y sommes régulièrement retourné. J'adore cette ville jeune, moderne, piétonne.

Quand elle a eu 17 ans, ça lui a donné l'envie d'y aller aussi.

Sauf qu'elle est beaucoup plus raisonnable, disciplinée et ambitieuse que sa mère.

Mes deux moyens s'en plaignent, du unscho. Après n'avoir jamais rien voulu faire pendant des plombes (mais ça discutait beaucoup à la maison) ils ont voulu aller à l'école, sans préparation, après une période de unscho....c'est chaud.

Les langues, l'orthographe, le français en général ("ben oui, ta rédac' est super mais hors sujet et trop longue, zou, mauvaise note...") une cata...par contre, en histoire, géo, sciences, les profs sont bluffés...

Ce n'est pas sans écueils. Mais à 17 ans et demi, Anaïs ne savait pas faire une addition de fractions et 4 mois plus tard, elle présentait un examen de maths au jury central, d'un niveau plus élevé que les maths en BAC S. Alors, oui, je me dis que j'ai bien fait de la laisser tranquille, d'avir préserver son goût pour la découverte, la connaissance, l'instruction.

Oui, mes deux ados rament pour les langues à l'école, et je me dis que j'aurai peut-être dû forcer un peu, ou mettre en place plus tôt ce que nous avions prévu pour leur 14 ans: des échanges avec des familles non-scos aux US. Mais en passant en instruction scolaire, ils ont un peu "téléscopé" l'évolution naturelle de leur apprentissage.

Bref, le unscho, ce n'est pas l'enfant qui gavé, c'est son environnement que tu organises.

Biblio conséquente, internet, discussions, personnes référentes, matériel pédagogique...mais que l'enfant choisi, ou non, d'utiliser.

S'intéresser à Aristote et Socrate et à leur manière de transmettre.

A 7 ans, ma 4 ème ne savait ni lire ni écrire ni compter. En 15 jours, là, elle déchiffre, et fait des dictées...mais elle a manipulé des alphas et du matériel montessori depuis ses 3 ans.

Il faut avoir une solide paire de c...... pour laisser un enfant progresser à son rythme comme ça, mais cela lui a été très profitable.

Alors, voilà, ce blog est né de mon respect de ces apprentissages autonomes. Il y a bien des choses que j'aurai voulu faire avec mes enfants et que j'ai publiées ici, de cette façon, je les laisse tranquille et je me sens moins frutrée!!

Nous venons de recevoir un jeune québéquois qui m'expliquait que quand sa soeur de 12 ans a vu son autre soeur de 8 ans apprendre à lire, elle s'y est mise aussi. Ça c'est du unscho.

Je crois que je n'aurai pas tenu jusque là!!!! 12 ans...et pourtant, c'est vrai que la culture, surtout aujourd'hui, ne se transmet plus que par l'écrit...mais pour la passionnée de livres que je suis...c'est rude!

J'ai "supporté" deux contrôles de collégien unscho. Rude bataille avant mais contrôle dans MES clous! Au fond, pour faire du unscho, il faut surtout être très motivés et convaincus!!!