Une liste de livres pour des adolescents, fille et garçons confondus…un programme ambitieux, forcément non exhaustif et subjectif !

Lorsque j’ai proposé à César, 11 ans à l’époque, un de plus aujourd’hui, de commencer à lire des « romans » je me suis opposée à un mur : pas question. Il lit beaucoup : des encyclopédies, des bandes dessinées, des magazines de sciences, des journaux sportifs. Il avait dévoré les « Cabanes Magiques », les « Jean-Luc Luciani », mais à l’entrée au collège, c’est le blocage complet pour passer au « niveau supérieur ». L’obligation n’entrant pas dans les choix d’instruction que j’ai fait, après avoir partagé mes doutes avec d’autres mamans homeschooleuses (merci Hélène), je choisis d’attendre.

« L’Iliade » entre alors dans la maison : c’est la version classique abrégée de l’école des loisirs. Je l’ai acheté dans l’intention de le lire moi-même, à voix haute. Mais César anticipe et en démarre la lecture. Il a déjà vu 2 fois le film « Troie ».

Je réfléchissais justement à lu proposer des « romans historiques » et voilà qu’il saute sur les « versions originales ». En visite à la Vieille Charité, nous flânons dans la librairie. César découvre « La guerre des Gaules » en français, dans la même collection que « l’Iliade ». Il me demande de l’acheter. Et l’attaque goulûment (trop facile à lire, trop géniale l’histoire, dixit l’intéressé). De la guerre, de la stratégie, de l’histoire et même une petite étude de mœurs, oui, sur le papier, tout pour lui plaire. Tout de même, quelle surprise !!

C’est en début de CE1, qu’Anaïs m’avait apporté le même genre de surprise : elle lisait de petits albums avec beaucoup d’images, de grandes lettres, et m’avait demandé de lui acheter le coffret des 3 premiers Harry Potter, en Folio qu’elle avait vu au Salon du Livre. Selon le principe du livre qui ne périme pas comme un kilo de tomates, je lui ai acheté, en pensant que cela ressortirait bien un jour. Au bout d’une semaine, à 7 ans, elle avait fini le premier. Un long voyage en Héroïc Fantasy commençait. Mais la superbe édition de Tolkien offerte pour ses 12 ans n’a pas encore servi.

La conclusion ? Difficile d’anticiper, alors, on fréquente les salons littéraires, on flâne dans les librairies de temps en temps, et les bibliothèques. Je laisse « traîner » des choses en vue. On regarde ensemble des films qui ont attrait de loin ou de près à la littérature. Je suggère sans forcer. Un non aujourd’hui trouvera peut-être un intérêt demain.

C’est une liste qui surgit de ma bibliothèque, de mes rencontres d’adolescente, de celles qu’ont faites mes enfants. Je voudrais dire : certainement beaucoup plus, mais rien de moins.

Le roman

Le premier : « Une autre histoire de la littérature française » de D’Ormesson

Truculent, érudit mais de lecture légère, facétieux. Les 2 premiers paragraphes de l’avant-propos sont délicieux comme la paresse une après-midi d’été. Il utilise dès la seconde page le mot « outrecuidant », que j’ai découvert avec gourmandise lorsque j’étais adolescente, que j’utilise comme un chat qui se pourlèche les babines et que je ne lis jamais nulle part. Snif. On peut tout dévorer, ou piocher à la volée dans un chapitre. Bref, à avoir dans sa bibliothèque.

Bon, un peu (beaucoup) dans le désordre :

Vipère au poing, d’Hervé Bazin

Comment parler de violence ordinaire, de rapport entre un enfant et ses parents, un style vif, un souvenir d’enfance inoubliable : il y a un film.

La peste, de Camus

A l’école, c’est plutôt « l’étranger » qui est proposé. Mais je suis toujours restée étrangère à cette étrange histoire quasi nihiliste (bon, c’est le but semble-t-il, mais ce n’est pas très agréable ni quoi que ce soit d’autre comme adjectif, à lire), donc, je lui ai tant préféré « la Peste ». Un vrai roman, une ambiance incroyable. Absurde. Haletante.

Les mots, de Sartre

Son enfance détestée, enfermée dans les livres et les mots, ouverte par les livres et les mots…un style d’écriture exigeant, une poésie en prose, une lecture sublime.

Ravage, de Barjavel ravage

Une introduction à la science-fiction (avec Malevil de Robert Merle, dans la même veine :  lire l’autre si l’un des 2 à plu!). Bien avant de mettre « le Meilleur des Mondes » de Huxley dans leurs mains (c’est à mon avis plus destiné à de jeunes adultes qu’à des ados), et en alternative joviale à la SF convenue, alambiquée et industrielle qui noie la littérature jeunesse de son bon filon financier : quantité plutôt que qualité.

Une lecture-plaisir qui se dévore d’une traite et qui suscite bien des réflexions sur notre société ! Comme pour le parfum, la fin un peu « misogyne et retour du démon de midi » des 2 : hum-hum…

Voyage au bout de la nuit, de Céline

Un voyage dont on ne sort pas tout à fait indemne. Une vision du monde cinglante, déchirée, hallucinée. Elle n’est pas née de l’esprit tortueux d’un écrivain torturé mais de l’horreur réelle dans laquelle il a été plongé, noyé, sans espoir de secours. Le voyage n’atteindra pas le bout de la nuit. Il restera prisonnier des ses ténèbres. De Paris à L’Afrique, de l’Afrique à New-York et de N.Y. à la banlieue Parisienne, encore; de la guerre à la paix qui est toujours la guerre pour ceux qui sont dans la misère, des personnages attachants, généreux, pourris d’humanité. Ah, pardon, on dit pétris. Oui, pétris, malaxés, maltraités, comme la syntaxe, éclatée, battue jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’air, semée d’argot et d’expressions familières. L’égout des mots dans le dégoût de la vie. Une épopée formidable. Un écrivain gigantesque. Dantesque. Voyage au bout de la nuit, c’est un grand saut à l’élastique : on a plongé, on ne peut plus remonter, on est même plus sûrs qu’on est attachés, et on va encore plonger et remonter, si peu. Mais on oubliera jamais. Indispensable.

Un barrage contre le Pacifique. L’Amant. De Marguerite Duras

L’Amant est une découverte extraordinaire de mon adolescence. De la pudeur et de la sensualité. La délicatesse de Duras, l’émotion étouffée, la légèreté et la profondeur, une écriture à l’image de l’histoire. Le passage au monde adulte d’une adolescente ivre de liberté.

Bonjour tristesse, de Sagan

Juste un premier avant de découvrir les autres. Parce qu’il raconte ce passage de l’adolescence au monde adulte, avec la fatuité, la légèreté, l’insoutenable cruauté infantile de l’innocence et de la toute puissance découverte mêlées, caractéristiques à l’adolescence. Un regard précurseur sur la famille recomposée, subie par un enfant qui doit devenir adulte au milieu de ce modèle éclaté.

Le Rocher de Tanios (goncourt 1993) et Léon l’africain, d’Amin Maalouf :

En 1518, un ambassadeur maghrébin, de retour d'un pèlerinage à La Mecque, est capturé par des pirates siciliens, et offert en cadeau à Léon X. Ce voyageur s'appelait Hassan al-Wazzan. Il devint le géographe Jean-Léon de Médicis, dit Léon l'Africain. Sa vie, que ponctuent les grands événements de son temps, est fascinante : il se trouvait à Grenade pendant la Reconquista, d'où il a dû fuir l'Inquisition, en Egypte lors de sa conquête par les Ottomans, en Afrique noire à l'apogée de l'empire de l'Askia Mohamed Touré, enfin à Rome aux plus belles heures de la Renaissance, ainsi qu'au moment du sac de la ville par les soldats de Charles Quint. Homme d'Orient et d'Occident, homme d'Afrique et d'Europe, on pouvait difficilement trouver personnage dont la vie corresponde davantage à l'époque étonnante que fut le XVIe siècle.

Un conteur fabuleux, cet auteur Libanais ! Avec toute la verve de la tradition orale orientale, tous ses livres sont si romanesques, subtils, enlevés, délicieusement écrits ! 

Le Parfum, de Suskin :

Une très belle rencontre, inoubliable, un plus que livre, c’est-à-dire que l’on ne perçoit plus le monde de la même façon, on tâche de rallumer des sens perdus… C’est le livre qui a tiré Anaïs de l’Héroïc Fantasy. (Gaudé à suivi, et puis tout le reste !) Des réserves pour la fin. Qui a aussi déçu et agacé Anaïs. Démon de midi, quand tu tiens les auteurs… Et on aime quand même ! 

Au Bonheur des Dames, de Zola :

S’il ne fallait lire qu’un Zola, ce serait celui-là. Un peu moins sombre, toujours très actuel (le combat entre petites boutiques et grands magasins) et même une histoire d’amour qui ne finit pas trop mal. Bref, au-delà de la recommandation, « il faut avoir lu Zola », un vrai bon roman qui se lit avec plaisir et que j’ai découvert à 12 ans. Et pour les autres…on peut toujours voir « Germinal » en film.

Madame Bovary, de Flaubert :

Un classique au programme français du BAC L. Ou comment mourir de rêver sa vie plutôt que de vivre son rêve. Un thème cher au cœur de l’adolescence. 

Contre-enquête sur la mort d’Emma bovary, de Philippe Goumenc :

Ca vient de sortir ! L’auteur commence une enquête policière à la fin du roman de Flaubert, et il ne faut pas spécialement avoir lu le classique pour le lire! Original, même si Goumenc n’a pas voulu trahir le roman de Flaubert, à la fin du sien. 

Les 3 mousquetaires, de Dumas : Dans la veine : « grand roman d’aventure. »

Les misérables, de V. Hugo :

Il y a la version : « classiques de littérature abrégés » à l’école des loisirs. 

La mort est mon métier, de R. Merle :

L’Histoire troublante, traumatisante, de l’homme qui dirigea le camp d’Auschwitz. Troublante car elle décrypte « l’éducation noire » dont a été victime le bourreau, et on en vient à comprendre ( !?!?) les mécanismes implacables qui l’ont amenés là. Traumatisante, parce que tout est décrit avec une minutie froide, implacable, inhumaine. Et c’est vrai que l’Homme a laissé son humanité sur le pas des portes de cet enfer-là. Le détachement trouble et à la fois rend lisible, émotionnellement, cette histoire. Un roman accessible aux plus jeunes, pour ce qui est de l’écriture. Pour l’histoire, à voir. Je ‘ai lu assez jeune, ans soucis, mais avec beaucoup d’intérêt.

Du même auteur, la série des Fortunes de France, vaste fresque historique qui romance l’histoire des « rois maudits » (vous savez, la malédiction templière), fut le seul roman que le papa d’Anaïs voulait bien lire quand il été ado, et jeune adulte.

Mon bel oranger (J.M. de Vasconcelos)

Un roman de passage, de sortie de l’enfance, dans les favelas du Brésil. Triste et social, poétique.Accessible aux plus jeunes.

La case de l’oncle Tom par Harriet Beecher Stowe

Indispensable et captivant.Tellement émouvant. Penser à mettre en avant le sexe de l’auteure et les conditions et conséquences de publication. Accessible aux plus jeunes.

Fifi Brindacier L'intégrale par Astrid Lindgren

Déicieux, une lecture mille-feuilles, comme pour le petit Prince. On y découvre à chaque âge une nouvelle couche de crème. Ce devrait être la Bible des non-scos !

Les lettres de mon moulin A. Daudet

Bien sûr, il y a  « l’installation » qui ferait rêver n’importe quel enfant. Le « curé  de cucugnan », « l’Arlésienne », et ça fleure la garrigue, les pierres sèches, le thym, la lavande, les cigales qui saturent l’air sec et chaud à l’abri des micocouliers, mais il y a aussi la tragédie du phare, bref entre toutes les versions, choisir un texte intégral pour un peu plus que la douce « chèvre de monsieur Seguin » ou l’indolence subite du pauvre sous-préfet. Une somme, un rayon de soleil, de l’amour et des embruns tragiques. La vie. Un vrai bonheur.

Le temps des amours, de Pagnol

Le troisième volet de la trilogie « la gloire de mon père » et « le château de ma mère », plus connus. C’est justement le temps de son adolescence. Avec une incroyable disgression : une aventure lors de la grande peste en Provence qui, ado, m’avait fascinée. Un roman de passage de l’enfance à la conscience autonome du futur adulte .Accessible aux plus jeunes.

Le petit Prince St Exupéry

Un petit livre bleu qui m’a accompagnée, une relecture toujours renouvelée, un instant de grâce. Des questions sur soi, le rapport à l’autre, à la société.

Jacquou le Croquant par Eugène Le Roy

A la découverte d’une époque : la période pré-révolutionnaire. A moins que ce ne soit celle toujours renouvelée de l’adolescent qui naît à la conscience de la société dans laquelle il évolue, et qui se révolte contre l’établissement, et découvre aussi que les choses ne sont pas aussi dichotomiques qu’il le croit….Une belle aventure !

Le roi Arthur (Michaël Morpurgo)

C’est un petit roman, plutôt classé dans une tranche 9-12, qui raconte l’histoire de la table ronde et de ses chevaliers dans une adaptation romancée assez fidèle et plutôt réussie, avant de croquer Chrétien de Troyes dans le texte : lire alors la totalité des fragments réunis dans le parfait volume de l’édition Bouquins.

Vendredi ou la vie sauvage

Les Jules Verne (Le tour du monde en 80 jours, absolument ; Voyage au centre de la terre)

Alors ça, c’est du roman d’aventure !

La guerre des Gaules de Jules César, donc, et l’Iliade d’Homère mais aussi, les métamorphoses d’Ovide recommandé par l’éducation nationale pour le début de collège et l’Odyssée. 

La Guerre du Péloponnèse de Thucydide 

"Mon repos, ma préférence, ma cure, après tout le platonisme, fut de tout temps Thucydide. Thucydide et peut-être le Prince de Machiavel me ressemblent le plus par la volonté absolue de ne pas s'en faire accroire et de voir la raison dans la réalité, et non dans la « raison », encore moins dans la « morale »... Rien ne guérit plus radicalement que Thucydide du lamentable enjolivement, sous couleur d'idéal, que le jeune homme à « éducation classique » emporte dans la vie en récompense de l'application au lycée. Il faut le suivre ligne par ligne et lire ses arrière-pensées avec autant d'attention que ses phrases : il y a peu de penseurs si riches en arrière-pensées. En lui la culture des Sophistes, je veux dire la culture des réalistes, atteint son expression la plus complète : un mouvement inappréciable, au milieu de la charlatanerie morale et idéale de l'école socratique qui se déchaînait alors de tous les côtés. La philosophie grecque est la décadence de l'instinct grec ; Thucydide est la grande somme, la dernière révélation de cet esprit des réalités fort, sévère et dur que les anciens Hellènes avaient dans l'instinct. Le courage devant la réalité distingue en dernière instance des natures comme Thucydide et Platon : Platon est lâche devant la réalité, par conséquent il se réfugie dans l'idéal ; Thucydide est maître de soi, donc il est aussi maître des choses..."
Nietzsche (Crépuscule des idoles, Ce que je dois aux anciens, §2).

Au-delà de la polémique historienne contemporaine, une épopée passionnante, qu’importe l’imposture.

L’allée du roi de Françoise Chandernagor 

D’abord, c’est très bien écrit. Mais parfaitement lisible. J’avais 11 ans quand je l’ai dévoré. Ce fut le thème de ma première fiche de lecture au collège. Un pavé, tout de même, pour les longues soirées d’hiver au coin du feu ou les siestes grille-pain sur la plage. Un roman historique, comme souvent avec cette auteure. C’est l’histoire de madame de Maintenon, qui fut l’épouse de Louis XIV, et si je vous dit qu’elle fut auparavant celle du poète  Scarron, ça fleure bon les salons du XVIIe et les arcanes du pouvoir. Très intéressant.

Tout Agatha Christie

Elle a ses fans ! J’adore ! Un ado mordu une fois n’en démordra plus. Heureusement il y en a beaucoup !!!!! 

Petit Homme de Patrick Poivre d’Arvor

Un petit bijou. Rapide, magique., Voici la 4ème de couverture :

« Le narrateur de ce livre a quatre ans. Ce dimanche-là, son père ne l'a pas ramené chez sa mère en fin de journée, comme d'habitude : ils partent tous les deux en voyage. Serait-ce que sa mère est morte, et que son père n'ose pas le lui dire ? L'enfant écoute, observe, devine. Se souvient. Et vit une aventure magique. Un départ en avion. Une île à l'autre bout du monde, un lagon où les baleines viennent faire naître leurs petits... Une fuite, une longue fugue. Ces jours de rêve finiront. Les questions trouveront des réponses. Mais le père et l'enfant sauront pour toujours qu'ils s'aiment. » J’aimerais bien lire aussi « L’irrésolu » (prix interrallié 2000), « elle n’est pas d’ici » et « un enfant » avant de les proposer à Anaïs.

Simenon

Là aussi, difficile de choisir. Un industriel de la littérature, mais un industriel orfèvre, un vrai, un énorme romancier (Balzac sans les longueurs » dira Marcel Aymé). Un roman social, dur, souvent pluvieux et au bord d’un canal. Une extraordinaire longévité et production qui feront de lui un témoin précieux d’une époque qui se délite.

Le nom de la Rose d'Umberto Ecco

Une écriture érudite, dense, exigente. Une lecture passionnée, instructive, goûtue. Un roman policier à l'intrigue fine et captivante, un roman historique qui plonge ses racines dans le courant scolastique et celui des Annales: des descriptions architecturales extraordinaires, une peinture bien troussée de la pensée monastique multiforme de l'époque, l'Inquisition, mais aussi, la misère sociale. Un Roman philosophique. Un monde dans un livre. C'est Umberto Ecco.

Des Bandes dessinées

Les « Tintins », les « Tuniques Bleues », Les « Yoko Tsuno », les  « Thorgal »

« SOS Bonheur », une série suivie de 3 albums. sos_bonheur

Une réflexion sur l’Etat providence et les conséquences de la poursuite du bien public poussé à l’extrême, par le scénariste de XIII, de Thorgall, de Largo Winch, un regard grinçant sur la société et la signification des mots liberté et utopie dans un tryptique animé d’un incroyable souffle épique. A ne pas manquer avec des ados !!

« Les 7 vies de l’épervier » (chez Glénat : Cothias – Juillard) : Une épopée en 7 épisodes, sur fond de toile historique. Prenant. On se condamne à acheter les 7 !

Spécial humour (beaucoup !!!) noir (très) « Les idées noires » il y en a 2 de Franquinid_es_noires

Et satiriqueFaces de rats », t.1 de Ptitluc (les 3 sont vraiment excellents !) faces_de_rats

Les Servais, dont « Lova »une série qui retrace l’histoire de la rééducation à la société d’une enfant élevée 8 ans parmi les loups et qui sera retrouvée par sa mère : triste mais magnifique. Onirique, les légendes ardennaises :« Tendre violette », « la Tchalette ».

Et aussi, Largo Winch, XIII,

Des pièces de Théâtre

Le Cid, de Corneille

Shakespeare…comment choisir ?

Molière…idem, disons, le malade imaginaire, les précieuses ridicules, Tartuffe.

Antigone, de Jean Anouilh et celle de Sophocle

Knock, de Jules Romains

Cyrano de Bergerac, d’E. Rostand

Les fabliaux du moyen-âge, les chansons de Brel et Brassens.

Pas moins. C’est beau, ludique, cynique, épique, tendre, absolu, sans concessions. Pas moins que tous ceux-là. Vraiment.

De la poésie

Le « Mille et cent ans de poésie française » des éditions Bouquins

« A villequier » d’Hugo, Verhaeren, Char. Après, piocher dans une intégrale d’un poète qui a plu.

Les fables d’Esope, de La Fontaine et de J. Anouilh

Penser à relire la version du « Chêne et le roseau » de Jean Anouilh. Sublime. 

Des albums…mais oui !

« Pythéas l’explorateur » à l’école des loisirs. Massalia. Pythéas rêve d’atteindre Thullé, le royaume magique, de toucher l’Arctique. Il convinct les notables, s’embarque, remonte par les colonnes d’Hercule…une histoire vraie, incroyable.

Et aussi : « L’entrée dans Paris », « Charcot et son Pourquoi pas », « La couronne au fond du puit »,  « la statue de la liberté » et la plupart des albums de la collection Archimède à l’école des loisirs.

Otto ;  Le nuage bleu de Toni Ungerer

Un album pour un ado ? Oui !!! Pour le plaisir de découvrir un graphisme différent des bandes dessinées et particulier : l’illustration. Pour l’exigence du texte qui doit être court et accessible : un exercice de concision à un âge où tout s’emballe quand ce n’est pas rien. Pour donner envie d’aller plus loin quand l’histoire a plu. Parce que ce n’est pas un art mineur mais un art à part, qui a une vraie part dans l’Art. Pour apprendre à lire une image au-delà des mots. A percevoir la puissance du non-écrit, la valeur de ce qui est transmis ( pour Ungerer) Otto raconte l’histoire d’un ours en peluche, de l’Allemagne qui entre en guerre à l’antisémitisme, des bombardements au ghetto de Harlem (la misère de la guerre, la misère même dans la paix, ça ne vous rappelle rien ?) des poubelles à la vitrine d’un vieil antiquaire à…je ne vais pas vous raconter la merveilleuse fin ! Un enchantement !Le nuage bleu. Une belle allégorie du don de soi. Merveilleux Ungerer. Donc, oui, des albums pour les ados !

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Un peu de Philo 

La Crise de la culture ou totalitarisme de Hannah Arendt

Le Prince de Nicolas Machiavel

La République de Platon

Tristes Tropiques de Claude Levi-Strauss

American Vertigo de B.-H. Lévy

Le Prophète, de Kalil Gibran

(oui, je sais, le prophète, c’est plutôt un « roman » mais tout de même, et il n’y a pas Kant, Pascal, Hobes, Hume, Descartes, Nietsche, Spinoza, Aristote,…) C’est une proposition que je vais creuser, tester… A bientôt pour plus.

Il manque l’Héroïc Fantasy ! Mais non : c’est que j’ai demandé à ma grande de vous en laisser la liste, et de vous faire part de ses impressions.

Il manque les livres d’Art. Parce que c’est indissociable de la littérature, de la lecture, un post à part aussi, un peu plus tard !

Je n’étais pas fan des versions abrégées : je déteste que les films soient coupés en montage DVD, alors, les livres…mais j’ai trouvé quelques classiques vraiment bien dans cette collection de l’école des loisirs. Et cela peut peut-être donner l’envie de lire la version intégrale….

Avertissement

L'adolescence est dans nos sociétés une période de maturtion lente et donc assez longue!

Elle s'étale au minimum entre 12 et 18 ans. Il est donc évident qu'il y a certains livres qui se lisent à 17 ou 18 ans et pas à 12. La responsabilité de la nourriture intellectuelle incombe aux parents. Il me paraît donc indispensable de lire ou d'avoir lu certains ouvrages avant de les glisser dans les mains de son enfant.

Je pense à "Voyage au bout de la nuit", "l'Amant", "Bonjour Tristesse", "le Parfum".

"Ravage", "la Mort est mon métier", ou même "l'allée du Roi" comporte des passages dont l'expression parfois violente, l'idéologie particulière ou la sensualité peuvent ne pas correspondre au parent ou à l'enfant.

C'est très subjectif. J'ai lu avec un grand intérêt "la Mort est mon métier", vers 14 ans, mais j'ai stoppé les "Fortunes de France", à 20 ans, à l'histoire du bébé échangé car le décès de l'enfant véritable de la nourrice et l'ignorance de la survie de l'enfant de la reine m'ont envahi d'une insupportable tristesse.

Subjectif, vraiment. Mais la littérature, comme l'Art, sont aussi là pour faire naître des émotions.