Prévenir la dyslexie, la dysorthographie, la dyscalculie, la dyspraxie, et y remédier d'Elisabeth Nuyts (avr. 2004)

Toute sa conférence ici:

http://www.jeunesplus.org/oipef/pedagogie/conf4.htm

Traductrice puis professeur de lycée, l'auteur s'est spécialisée dans les difficultés d'apprentissage. Elle a travaillé 9 ans avec un docteur en psychologie cognitive et a fini par mettre au point une pédagogie respectueuse du développement naturel de l'enfant.

En plongeant dans les manuels scolaires pour en relever souvent les dysfonctionnements et en analysant des cas de tout âge. Son livre lui a valu le prix Enseignement et Liberté

Elle parle des conditions nécessaires à la mise en place d'un apprentissage:

-"tout apprentissage,...,consiste à monter des circuits neuronaux qui seront réutilisés automatiquement."

L'intégration consciente des informations sensorielles, le fonctionnement des 3 modes cognitifs (visuel, kinesthésique, auditif).

Elle décrit les troubles de la lecture et de l'écriture, la dysorthographie, explique comment on en arrive là en décortiquant les manuels scolaires (les fameux exercices de silhouette qui sortent l'écriture du sens pour ne stimuler que la mémoire visuelle du mot déconnectée de son sens, les castrophiques mots attachés, phrases mélangées,...époustouflant!).

J'ai imprimé ses présentations de dossiers de grammaire structurante et mathématiques élémentaires.

"La grammaire est l’étude des mécanismes qui régulent notre langue. Or le langage est l’expression de nos rapports avec le monde et avec les autres. La grammaire structurante sert à rendre l’élève conscient des relations existantes entre lui sujet et les autres, lui sujet et le monde qui l’entoure. Quand l’élève dit en travaillant le verbe être « Je suis Paul, je suis un garçon, le fils de, le frère de, l’ami de, etc… c’est tout de même autre chose que de remplir un exercice à trous dans lequel il aura à choisir entre être et avoir (« Je… une maison, je… dans le jardin »). Un élève qui découvre le sens profond du verbe être commence à se sentir exister. Avec la compréhension du Je existentiel et du Je acteur, émerge peu à peu un être responsable de soi et ouvert aux autres. C’est autour de cette notion de Je central que va s’articuler toute notre grammaire. Vous y retrouverez toutes les notions traditionnelles, mais expliquées à partir du sens. Même la règle des accords des participes passés y est expliquée de façon logique (avec être ce qui compte c’est l’identité, avec avoir c’est l’objet).

Dans cette grammaire, le travail sur le temps occupe également une place de choix. Il n’y est pas centré sur l’apprentissage des terminaisons, mais sur la compréhension de la chronologie de nos actions : ce que j’ai déjà fait, ce que je fais maintenant, et ce qui me reste à faire. Il insiste sur la différence entre réalité de l’indicatif, et virtualité du conditionnel, entre possible et impossible.

Hors temps, l’être ne peut pas tirer profit du passé pour construire son présent et échafauder des projets réalistes. La maîtrise du temps est donc indispensable à son autonomie.

L’objectif de la grammaire structurante est de construire des êtres autonomes et respectueux de l’autre.

Elle ne se substitue pas à la grammaire traditionnelle, mais l’aborde sous un angle adapté à des personnes qui ont subi la nouvelle grammaire dite fonctionnelle. Toutes les leçons sont abordées sous l’angle du sens, avant de déboucher sur la règle.

Mathématiques élémentaires

Mathématiques élémentaire:

http://www.jeunesplus.org/oipef/pedagogie/mathematiques1.htm

Grammaire structurante:

http://www.jeunesplus.org/oipef/pedagogie/grammaire1.htm

Nous allons enseigner ici les bases des mathématiques en présentant d’abord les éléments qui ont conduit aux règles à retenir, et à partir desquelles vont être faites de multiples déductions. Nous partirons donc de l’observation de la réalité vers l’élaboration de la règle et non l’inverse. Nous proposerons des manipulations, quand elles seront possibles, à l’aide d’éléments simples que l’on peut fabriquer soi-même à partir d’allumettes, de règles, de ficelles, de feutres de couleur, ou que l’on peut trouver dans le commerce, et de deux outils pédagogiques plus élaborés que l’on peut se procurer chez Celda. Nous prendrons des exemples, pour donner matière à l'analyse et à la réflexion. Cette analyse de la réalité donnera une base de départ perceptible et utilisable par tous. Nous viendrons à l'abstraction ensuite. Le cerveau est ainsi fait qu’il ne peut sauter l’étape de l’analyse sans dommages.

Notre ambition est aussi d'aider ceux à qui l’on a dit, ou à qui on a laissé entendre, qu'ils n'étaient pas doués pour les mathématiques. Nous voulons leur montrer qu'elles peuvent être comprises et mémorisées, qu’elles ont des liens avec notre environnement direct, qu’elles peuvent avoir une utilité dans la vie courante, qu’elles ne sont pas seulement une puissante force d’abstraction réservée à un cercle restreint d’initiés.

Les mathématiques sont un ensemble cohérent dont il faut pouvoir maîtriser chaque étape pour passer à la suivante. Un problème de dyscalculie, baptisé actuellement déficience logico-mathématique, prouve simplement qu’à un moment de cette progression une étape n’a pas été intégrée correctement, qu’elle a été mécanisée avant d’avoir été comprise. Il nous faut donc vérifier chaque étape, et reprendre la construction à partir de l’élément déficient.